Sunday, March 19, 2006

L'appel de l'air


Hier j'ai vécu une expérience assez extraordinaire; pour la première fois de ma vie j'ai eu l'occasion de m'installer dans un cockpit d'avion.

Cela fait déjà un moment que je m'intéresse à l'aviation en général ; je me souviens quand j'avais 7-8 ans avec un copain on s'était dit qu'on voudrait être controlleurs aériens, parce que pilote n'était même pas envisageable tellement c'était dur...

Il s'est trouvé qu'au travail j'ai rencontré un collègue intéressé par l'aviation, et il m'a mis en contact avec des gens qui avaient leur brevet de pilote. Un d'eux m'a conseillé de venir faire un tour à l'aérodrome pour me renseigner sur les cours pour être pilote, et m'a dit que ça devrait être possible de faire un vol si j'étais vraiment intéressé. Enfin pas avant que la météo ne soit favorable aux vols. Ca c'était en janvier.

Alors hier je me réveille à midi, et en faisant mon café, je m'aperçois brutalement que dehors il fait exactement le temps que j'attendais pour aller à l'aérodrome. Hop, là, douche et c'est parti sur le vélo jusqu'à Poltringen. Ce n'est vraiment pas loin de Tübingen, 35 minutes à vélo en pédalant bien.

J'arrive vers l'aérodrome, fais un petit tour des bâtiments et la je parle à quelqu'un dans la tour de contrôle. Me présente,... quelqu'un me présente un gars qui est instructeur. Il m'explique pendant environ une demi-heure comment se passe la formation, combien ca coûte, quelle sont les différentes option. Je ne peux pas m'empêcher de regarder dehors lorsqu'un avion atterit ou décole. Je lui explique que j'aimerais bien essayer une fois d'abord parce que je ne suis jamais monté dans un avion à hélices auparavant ; ça serait dommage que je commence les cours pour m'apercevoir que je déteste ça ou que j'ai une peur bleue en volant ! Il me répond qu'aujourd'hui il y a beaucoup de turbulences mais ça devrait être possible.

20 min plus tard, je monte dans l'avion :) Un petit Aquila, très mignon, moderne. On m'explique comment attacher la ceinture, qui passe aussi par dessus les épaules. On me montre les commandes essentielles, les instruments de base: altimètre, compas, ... Un pilote monte dans l'avion, on se présente, et puis c'est parti. On met les écouteurs, le moteur est démarré et on commence à rouler. Le pilote, un gars de 33 ans, m'explique tout plein de trucs concernant la préparation avant le décollage.

La piste est libre, nous partons. Décollage sensationnel ! Avec un vent de travers à 90 degrès, les émotions sont garanties ! On prend de l'altitude rapidement, 1000 pieds par minute, ca fait environ 5 m/s. C'est vraiment un moment extraordinaire ; l'avion bouge pas mal à cause des turbulences. Le pilote lui reste vraiment cool, en m'expliquant d'autres choses concernant les instruments. On se dirige sur le parc naturel du Schönbuch. Impressionnant, on peut voir l'intégralité du parc depuis l'avion ! Le pilote me demande alors où j'habite ; on se dirige alors tout droit sur Tübingen. On survole WHO, puis 15 secondes plus tard (enfin je l'ai senti comme ça...) on était déjà sur le quartier de l'université, on passe Whilhemstrasse, l'Österberg, puis le quartier français. La il me demande dans quel bâtiment j'habite, je lui montre rapidement et en moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire on est au dessus de chez moi ! La le pilote se met à pencher à 45 degrès de telle façon que je puisse voir ma résidence au dessus de l'aile ! Je vous avoue, je n'était pas totalement rassuré, mais j'avais confiance dans le pilote. Après un tour complet, on se dirige au dessus de Mössingen.

Là il me dit tranquillement: "Bon alors là je monte à 4000 pieds et je te laisse les commandes". Ouah. Je m'étais pas attendu à ça ! Enfin si je veux apprendre à piloter, il faudra bien que je passe par là ! Une petite courbe à droite, une autre à gauche, nous devons être au dessus de Rottenburg. Le manche se laisse vraiment bien contrôler, les sensations au niveau de changement d'altitude sont plutôt faciles à sentir. La chose difficile est d'avoir l'oeil partout: regarder qu'on va bien dans la direction voulue, en gardant un oeil sur l'avant de l'avion qui doit garder la ligne d'horizon. En effet, en penchant, la surface de portance de l'avion diminue, donc l'avion descent naturellement. Il faut contrer ça en tirant le manche vers soi légèrement de façon à garder la ligne d'horizon au même point. Ensuite, il faut garder un oeil sur les instruments pour garder une bonne altitude, un bon régime moteur; et bien sûr comme sur la route il faut faire gaffe aux autres utilisateurs, c'est à dire les autes avions. Après deux virages plutôt doux, il me demande de plus pencher, jusqu'à 45 degrés. J'y suis allé lentement parce que je n'étais pas tout à fait sûr de mon coup. Mais bon apparemment je me suis pas mal débrouillé. Le pilote reprend les commandes et me montre un truc marrant: un virage à 60 degrés si j'ai bien compris, tout en tirant fortement sur le manche. Ca fait une accélération de 2G, et effectivement on est bien collé au siège. Après tous ces virages je ne sais plus exactement dans quelle direction on va, mais c'est pas grave je reprends les commandes. La on entame la descente, en baissant le régime (et en changeant l'orientation des pales de l'hélice) l'avion descend tranquillement sans qu'il y ait besoin d'utiliser le manche. Manque de chance, l'avion ne descend pas tellement, on doit être sur une source d'air chaud... Arrivée vers l'aérodrome, "Gott sind wir hoch" me dit-il. En effet, la descente risque d'être abrupte ! Ces petits avions n'ont pas d'aérofrein, donc la solution c'est de les faire voler légèrement de côté pour les faire ralentir. Quelle curieuse impression ! L'avion ralentit brusquement et descend bien plus rapidement. On arrive pile au bon niveau pour l'atterissage; la tour nous annonce vent de travers 90 degrès à 9 noeuds, c'est sympathique... Un bel atterissage légèrement de travers et sur une seule roue pour compenser le vent.

Inutile de vous dire que, ça y est je suis convaincu !

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